Question 60 : la balance des paiements est un indicateur de tout premier plan pour apprécier la politique économique d’un pays. Expliquez pourquoi.

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Question 60 : la balance des paiements est un indicateur de tout premier plan pour apprécier la politique économique d’un pays. Expliquez pourquoi.

Message par Cécile M. le Lun 15 Fév - 21:45


La Balance des paiements est au départ un simple relevé des importations et des exportations d’un pays, c’est un document statistique élaboré sous forme comptable qui permet d’appréhender la totalité des échanges d’un pays avec le reste du monde. Avec l’intensification des échanges mondiaux tant dans les échanges réels que financiers et monétaires, la BDP est devenue plus complexe avec le temps. Devenu un indicateur de premier plan pour la conduite de la politique conjoncturelle et structurelle d’un pays, elle est étudiée par les politiques mais aussi par l’ensemble des acteurs économiques d’un pays. C’est un outil d’analyse de premier plan notamment car elle tient le rôle de baromètre du dynamisme des exportations et importations d’un pays ainsi que son taux d’endettement. Voyons tout d’abord à quoi correspond la notion de balance des paiements puis en quoi elle est un indicateur précieux dans la mise en œuvre d’une politique économique d’un pays.

1- La BDP : sa composition et son explication
1.1 Sa composition : organisé en 3 grands comptes selon le FMI, la BDP enregistre les opérations soit dès le moment auquel le bien (ou sce) échangé est fourni : c’est la balance dite « en transactions » ; soit au moment auquel il est payé : c’est la balance dite « en règlement ». La plus répandue est la 1ère façon. 1er compte de la BDP : le compte de transactions courantes : il regroupe les exportations et importations de biens (marchandises), de sces, de revenus des facteurs de production et les transactions sans contrepartie (dons). 2ème compte de la BDP : le compte de capital : transfert en capital, actifs non financiers (ex. les brevets). 3ème compte : le compte financier : investissements directs à l’étranger (ex. OPA ou détention d’actions supérieur à 10% du capital), les investissements en PTF (ex. les actions, les titres de propriété), les obligations (titres de créances, dette…) et les autres investissements comme les crédits, les avoirs, les devises, l’or… L’ensemble de ces 3 comptes (soldes courant et solde de capital d’un côté et compte financier de l’autre) devraient s’annuler. Mais en pratique ce n’est pas le cas et les écarts sont enregistrés dans le poste « erreurs et omissions ».
1.2 Son explication : l’analyse de la BDP permet de faire ressortir la problématique de l’ajustement. Ce terme désigne l’action qui consiste à établir l’équilibre du solde des transactions courantes. Sachant que le solde peut être exédentaire ou déficitaire càd qu’il y aura soit possibilité de financer (capacité de financement) soit un besoin de financement. Dans un 1er temps, un déficit peut être financé par une ponction sur les réserves de change d’un pays, mais la réduction des réserves peut à son tour remettre en question le financement « spontanné » (par le marché) de ce déficit. Si absence d’aide (ex du FMI) le pays en question peut être amené à procéder à une dévaluation (en régime de change fixe) ou à laisser sa monnaie s’ajuster à la baisse sur le marché des changes (en régime de change flexible).
2- La BDP : outil d’analyse d’une politique économique
2.1 L’étude de l’engrenage du déficit : hormis le recours aux réserves de changes, un déficit courant pour un pays peut être financé par un transfert d’épargne en provenance de l’étranger (investissements directs, investissement en PTF actions ou par des flux générateurs d’endettement (ex. crédits). Les divers flux vont générés à leur tour des besoins de financement, c’est un cercle vicieux. Si un pays présente une BDP avec un déficit persistant cela peut être un signe de déséquilibre économique plus général. En effet si un pays importe systématiquement plus qu’il ne peut exporter, c’est en général le signe d’une faiblesse dans la compétitivité de ce pays. C’est peut être aussi qu’il y a trop de demande intérieure qui absorbe trop de production et qui n’en laisse pas assez à l’exportation. Cela ne favorise pas l’emploi. En effet, les produits importés représentent des heures de travail pour les pays exportateurs mais ne génère aucun travail dans le pays importateur. La persistance d’un déficit de la BDP entraîne une accumulation d’un endettement extérieur. En effet, le surplus de produits et sces importés doit être financé et il l’est par des crédits extérieurs qui s’accumulent et augmentent la dette générale du pays.
2.2 L’étude d’un déficit à long terme : pour les pays en voie de développement par exemple un déficit à long terme peut avoir des répercussions en terme de besoin de financement (besoins d’équipement ou encore développement des infrastructures) ; du côté des entreprises nationales cela va engendrer une amélioration des conditions de compétitivité de ces entreprises.

En conclusion, la BDP est un outil d’analyse incontournable de la santé économique d’un pays. Pour améliorer les soldes des comptes de la BDP, il faut veiller à améliorer une bonne compétitivité des entreprises d’un pays pour trouver facilement des débouchés sur le marché national et extérieur. Le pays peut aussi jouer sur la valeur de sa monnaie nationale pour renforcer cette compétitivité sur la scène internationale via sa politique de taux de change. Les moyens d’action des pays de la zone euro sont cependant limités en terme de politique de taux et monétaire du fait de la dépendance de la BCE. La situation d’un pays ne peut donc se faire qu’à partir de ce seul document mais doit s’inscrire dans une analyse et une stratégie plus globale d’un pays.

Cécile M.

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Date d'inscription : 18/01/2016

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