Question 14 : Qu’entend-on par risque systémique et en quoi ce risque est-il d’une grave portée pour l’équilibre économique ?

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Question 14 : Qu’entend-on par risque systémique et en quoi ce risque est-il d’une grave portée pour l’équilibre économique ?

Message par Pélagie M. le Lun 29 Fév - 16:07

Introduction

Le système financier mondial a connu des évolutions profondes dans les années récentes, tout en restant étroitement lié à l'économie réelle. Il existe une interdépendance entre eux.
Les fonctions principales des 3 entités composant ce système, que sont : les marchés financiers, les intermédiaires financiers et les infrastructures financières, sont indispensables au développement économique et constituent des moteurs essentiels pour la croissance.
La crise de 2008 nous a fait prendre pleinement conscience que l’instabilité financière peut être d’une grande ampleur et des dysfonctionnements se transmettre à l’économie réelle ;
Cette crise récente, de part cette contagion, pose donc la question du risque systémique.
Qu’entend-on par risque systémique et en quoi ce risque est-il d’une grave portée pour l’équilibre économique ?
Nous présenterons tout d’abord ce qu'est le risque systémique puis ses conséquences sur l’équilibre économique.

I/ Qu'est-ce que le risque systémique ?
Définition : La Banque des Règlements Internationaux (BRI) donne la définition suivante du risque systémique : « c’est un événement à l’origine de pertes économiques importantes ou d’une perte de confiance, ce qui suscite des inquiétudes sur la situation d’une partie importante du système financier, suffisamment sérieuses pour avoir des effets négatifs sur l’économie réelle ».
Autrement dit, on appel « risque systémique », le risque qu’un évènement particulier entraine par réaction en chaine des effets négatifs considérables sur l’ensemble du système financier pouvant occasionner une crise générale de son fonctionnement.
Critères de mesure retenus car propices au risque systémique :
Environ 30 établissements dans le monde dont 4 en France : La BNP Paribas (niveau 3), le Crédit Agricole (niveau2), la BPCE et la Société Générale (niveau 1) ont été identifié comme pouvant potentiellement être sujet au « risque systémique ».
- La taille du bilan (too big to fail) : mêmes critères que ceux permettant de définir le ratio de levier Bâle 3.
- La capacité de substitution par une autre institution fournissant les mêmes services
- Les relations entretenues avec leurs partenaires et les autres banques (marché interbancaire, prêts et emprunts de titres, …)
- Présence sur les marchés financiers par le biais de produits complexes
- Couverture géographique : il sera plus difficile de mettre en œuvre des mesures de résolution pour un établissement dont une grande partie des activités sont exercées à l’international
- le rôle des banques centrales dont ils dépendent
- les moyens budgétaires dont disposent les États pour faire face à une faille
Identification des activités à caractère systémiques :
- activités de crédit et tarification des risques pris : exemple 1 :(La titrisation de crédits en tant qu’alternative sous-tarifée de l’intermédiation bancaire apparaît davantage systémique. Le rendement supérieur dégagé par la titrisation de crédits est un moteur d’accumulation de risques de crédits imparfaitement mesurés par la réglementation). Exemple 2 : Le shadow banking non régulé.
- activité d'assurance : Les assureurs supportent donc un risque de solvabilité spécifique à leur passif, correspondant au risque de sous-évaluation des engagements pris auprès des assurés (insuffisance des provisions techniques) et au risque de ne pas pouvoir faire face aux imprévus (insuffisance des réserves de capital). On peut relever néanmoins que les assureurs sont plus faiblement exposés au risque de contagion systémique. La faible substituabilité de certains acteurs de l’assurance est cependant un sujet de vigilance. C’est le cas notamment en matière de réassurance.
- activité de marché : Les différentes failles dans la régulation des activités de marché constituent des incitations à l’accumulation de risques, notamment de liquidité.

II/ Conséquences du risque systémique sur l’économie
La perte de confiance des clients, induisant un mouvement de retraits massifs auxquels la banque ne pourrait faire face par manque d’actifs liquides, est le cauchemar du banquier, et des confrères qui ne sont pas à l’abri de la contagion, pour 2 raisons :
- D’une part les déposants pourraient, par précaution, effectuer des retraits même dans d’autres banques que celle concernée, propageant rapidement l’illiquidité du système ;
- D’autre part, la banque qui, par illiquidité, ne peut plus honorer ses engagements, induirait des effets néfastes en chaîne sur les confrères, au travers des marchés et au travers de systèmes de règlement-livraison.
Cette illiquidité entrainerait des difficultés dans les activités de crédit de l’établissement car ses dépôts pourraient être insuffisants pour permettre suffisamment de « transformation » en crédits.
Du fait de la perte de confiance, cet établissement pourrait également perdre la confiance de ses pairs et de ce fait rencontrer des difficultés à se refinancer sur le marché interbancaire. Ainsi les quantités ou les conditions d’octroi de crédits accordés aux clients diminueraient pouvant aller jusqu’à un « Crédit-Crunch » (raréfaction du crédit).
A terme, cela impacterait les capacités d’investissement des entreprises et de consommation des ménages et donc un risque de ralentissement de l’Economie.
Enfin, cette perte de confiance pourrait avoir des conséquences sur les valeurs détenues par les établissements de crédit sur les marchés. Par conséquent, ces titres pourraient enregistrés des pertes élevées et de ce fait avoir une incidence sur les Fonds Propres des Banques pouvant entrainer une crise de liquidités à son tour.
- Le crédit est un moyen de créer de la monnaie. A ce titre, les banques faisant une restriction de crédit, les acteurs de l'économie ne subviennent plus à assouvir certains de leurs besoins. Ce phénomène perturbe les échanges entre les vendeurs et les acheteurs qui ne se rencontrent pas par manque d'actifs, et rend impossible les opérations financières. Conséquences sur des marchés tels que l'immobilier, l'automobile par exemple.
Les entreprises ont alors des difficultés à faire face à leurs besoins car baisse du chiffre d'affaires. Afin d'y faire face, licenciements et donc hausse du chômage.
Les solutions mises en place pour faire face au « risque systémique » :
Des mesures permettent d’assurer la continuité de l’activité d’un établissement bancaire en difficulté, de rassurer les déposants sur le fonctionnement des Banques et la garantie de récupérer leur dépôt permettant d’atténuer les risques de panique :
-Les fonds de garantie : alimentés par une cotisation des établissements financiers fixée par arrêté ministériel et utilisés sur demande de l’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) lorsqu’une Banque ne peut plus honorer la restitution des fonds.
-Fond de garantie des dépôts (jusqu’à 100K€)
-Mécanisme de garantie des titres (jusqu’à 70K€)
-Mécanisme de garantie des cautions (jusqu’à 90%)
-Les stress-tests : exercices réalisés par les Banques Centrales et les régulateurs afin de mesurer la résistance des établissements financiers.
-Le Mécanisme de Surveillance Unique (MSU) : Entité qui supervise désormais les Banques Européennes (environ 4800) et environ 130 Banques directement, présentant un « risque systémique ».

Conclusion :
Ainsi, maintenant que le « risque systémique », ainsi que ses principales sources et conséquences ont été identifiés, notamment suite à la crise économique de 2008, de nouvelles mesures ont été mises en place afin d’éviter qu’un tel risque revienne fragiliser notre système économique toujours en difficultés. Reste à savoir si ces mesures seront suffisantes et si d’autres causes ne devraient pas être prises en considération ? Ces mesures n’entrainent-elles pas de freins de concurrence ou d’innovation bancaire ?

Pélagie M.

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Re: Question 14 : Qu’entend-on par risque systémique et en quoi ce risque est-il d’une grave portée pour l’équilibre économique ?

Message par nicolas percet le Lun 29 Fév - 20:46

INTRODUCTION :

La crise des subprimes née en Avril 2007 aux Etats-unis qui s’est diffusées dans le monde entier au cours des années 2007 et 2008 pour atteindre son paroxysme le 15 Septembre 2008, jour de la faillite de la banque Lehmann Brothers est l’exemple le plus récent du risque systémique.

Cette crise est un évènement d’une rare gravité, qualifiée de systémique compte tenu de la diversité de ses manifestations et de l’ampleur de ses conséquences. Les grandes banques qui incarnaient le succès des principales places financières ont été confrontées à des difficultés inédites, ayant mené certaines d’entre elles à la faillite.
Les gouvernements et les banques centrales sont intervenus massivement pour restaurer la stabilité financière et soutenir le financement de l’économie. Malgré la réactivité des pouvoir publics, le monde a été plongé dans une récession violente, particulièrement sévère dans les économies développées. Sous l’impulsion du G20, des chantiers ambitieux de régulation financière ont été lancés afin de tirer les enseignements de cette crise.
Pour mieux comprendre les raisons et la portée de ce phénomène, nous expliquerons tout d’abord ce que l’on entend par « risque systémique » puis nous nous attacherons à expliquer ses impacts sur l’équilibre économique.

I. QU’EST-CE QUE LE RISQUE SYSTEMIQUE ?

Pour mieux appréhender cette notion, nous évoquerons d’abord les définitions qui en sont données par les instances internationales puis nous analyserons les critères d’identification des établissements présentant un « risque systémique » avant d’analyser les activités susceptibles d’entraîner un risque systémique.

A. Définitions du risque systémique

On appelle risque systémique le risque qu’un évènement particulier entraine par réactions en chaine des effets négatifs considérables sur l’ensemble du système pouvant occasionner une crise générale de son fonctionnement. Pour le monde financier et la BRI c’est un « évènement dont l’origine de pertes économiques importantes ou perte de confiance qui suscite inquiétude sur la partie importante du système financier suffisamment sérieuse pour avoir des effets négatif sur l’économie réelle ». Ce risque systémique a notamment été mis en avant principalement lors de la crise financière de 2007. Une interdépendance entre les marchés financiers, les intermédiaires et les acteurs de l’économie réelle qui peut engendrer un déséquilibre majeur.

L’identification du risque systémique suppose également de définir la crise systémique. A défaut d’une définition académique largement reconnue, les différentes instances internationales (FMI, BRI, CSF) ont travaillé à une définition commune : la crise systémique est une rupture dans le fonctionnement des services financiers causée par la dégradation de tout ou partie du système financier et ayant un impact négatif généralisé sur l’économie réelle.

Le risque systémique est le risque de matérialisation de cette rupture dans le fonctionnement des services financiers susceptible d’affecter l’ensemble du secteur ainsi que l’économie réelle.

Le risque systémique est donc un risque de nature macro-économique qui n’est pas clairement identifié dans la réglementation financière à la différence des risques micro-économiques plus classiques (risques de taux, de crédit…). En effet, la notion de « risque systémique » s’avère complexe dans la mesure où les différents travaux internationaux ont démontré qu’elle ne peut être définie à partir d’un seul critère, qu’elle ne peut pas seulement se limiter aux banques et qu’elle suppose une analyse approfondie des activités de l’ensemble du secteur financier.

B. Les critères d’identification des établissements présentant un « risque systémique »

Le 6 Novembre 2014, le Conseil de Stabilité Financière a publié simultanément une liste de 30 groupes bancaires et une liste de 9 groupes d’assurance systémiques à l’échelle mondiale. On distingue 4 groupes français qui sont : BNP Paribas, la Société Générale, le Groupe Crédit Agricole et BPCE.

Les trois premiers critères évoqués par le CSF dans son rapport de 2010 ont été développés et affinés par les travaux du Comité de Bâle et par l’AICA pour aboutir à 4 critères principaux :

• Le critère prépondérant de la taille :
Il s’agit d’apprécier le volume des services financiers fournis par une entité individuelle ou un groupe. La taille au sens de l’identification du risque systémique est une notion exhaustive et recouvre les expositions autrement dit les risques en bilan et hors bilan de l’entité observée. L’appréciation de la taille d’une entité doit se fonder sur une approche économique plus que comptable.
.
• La prise en compte du caractère international de l’activité :
Ce critère est essentiel pour différencier les institutions systémiques à l’échelle mondiale et celles qui ne sont systémiques qu’à l’échelle nationale ou régionale. En effet, une institution de grande taille, fortement interconnectée mais qui n’aurait aucun lien avec des entreprises étrangères pourrait faire défaut sans que cet événement n’ait aucune conséquence directe à l’échelle mondiale. Si des répercussions avaient tout de même lieu, elles seraient à imputer à l’importance systémique d’autres acteurs nationaux à même « d’exporter » les conséquences du défaut initial de cette institution.
L’activité internationale est en outre source de complexité. Ainsi, disposer d’actifs à l’étranger peut rendre plus difficile la mise en place d’une stratégie de résolution ordonnée.

• L’absence de substituabilité et la complexité :
La substituabilité consiste à apprécier la dépendance relative du système financier aux services financiers fournis par une entité individuelle, afin d’apprécier la résilience du système à la disparition de cette entité.
Dans le domaine bancaire, la complexité dépend de l’importance des activités de marché sur certains produits complexes dont la liquidité n’est pas assurée et dont la valorisation est donc parfois également difficile à effectuer..

• L’interconnexion :
L’interconnexion est au cœur du risque systémique. C’est elle qui permet la contagion à l’économie réelle en cas d’événement d’importance systémique. Alors que la taille et le caractère international de l’activité permettent d’appréhender potentiellement l’ampleur économique et géographique d’un défaut, seul l’interconnexion entre les institutions financières permet de mesurer si ce défaut aura des répercussions d’une ampleur significative sur le système financier ou si son impact sera dilué sur d’autres acteurs de l’économie.

Ces critères très flexibles constituent un outil utile d’appréciation par les autorités de supervision de la vulnérabilité des firmes et des marchés à une crise systémique.

C. Les activités à caractère systémique

Au-delà des établissements, il est également important d’identifier les activités susceptibles d’entraîner un risque systémique.

On peut identifier 4 activités principales :

• Les activités de crédit :
L’intermédiation bancaire classique apparaît peu systémique sous réserve d’un régime efficace de gestion du risque de liquidité. La titrisation de crédits en tant qu’alternative sous-tarifée de l’intermédiation bancaire apparaît davantage systémique. Le rendement supérieur dégagé par la titrisation de crédits est un moteur d’accumulation de risques de crédits imparfaitement mesurés par la réglementation. Cette dynamique systémique est d’autant plus marquée qu’une partie importante des risques est de fait restée concentrée dans le système bancaire au lieu d’être transférée à des investisseurs.

• Les activités d’assurance :
Les caractéristiques des activités d’assurance ne permettent pas de les qualifier de systémiques car les caractéristiques intrinsèques de leurs activités limitent l’accumulation de risques en dehors d’une régulation prudentielle appropriée. On peut notamment relever que les assureurs sont plus faiblement exposés au risque de contagion systémique. Contrairement aux banques, la défaillance d’une entreprise d’assurance est moins susceptible de provoquer la défaillance d’une autre entreprise d’assurance. La faible substituabilité de certains acteurs de l’assurance est cependant un sujet de vigilance. C’est le cas notamment en matière de réassurance. Même si la concurrence est forte sur ce marché, on ne peut exclure que la faillite de l’un des acteurs majeurs de la réassurance entraîne des difficultés sérieuses pour les entreprises d’assurance contreparties.

• Les activités de marché :
Les différentes failles dans la régulation des activités de marché constituent des incitations à l’accumulation de risques, notamment de liquidité. Le calcul des exigences en fonds propres sur ces activités n’intègre pas les risques de pertes extrêmes. Le risque d’illiquidité des actifs de marché n’est pas correctement tarifé, car il repose sur un traitement comptable favorable. Ces failles réglementaires créent des incitations pour les acteurs financiers à accumuler des risques de nature systémique, exposant l’ensemble du secteur financier à des pertes lourdes et rapides, susceptibles de créer des mouvements de défiance pouvant conduire à des défaillances en cascade.

• Les activités de gestion d’actifs :
La régulation de la gestion d’actifs n’est pas essentiellement de nature prudentielle (définition d’exigences en fonds propres) comme la régulation des activités de crédit ou d’assurance.

Une partie importante des fonds d’investissement, fonctionnant sans recours à l’effet levier, apparaît faiblement porteuse de risque systémique: la gestion collective étant, par essence, une activité pour compte de tiers, les moins-values d’un fonds n’ont en général pas d’autres conséquences que d’entrainer des pertes pour les investisseurs. Les fonds monétaires (de par leur perception comme des produits sans risques, et leur adossement fréquent à des établissements bancaires) et les hedge funds (de par notamment leur recours massif à l’effet de levier et leur grande réactivité) méritent toutefois une analyse spécifique.


L’analyse activité par activité de la tarification des risques dans le secteur financier par les régulateurs permet de distinguer deux grands types d’activité au regard de la problématique du risque systémique :

- les activités qui sont globalement bien tarifées par les régulateurs, pour lesquelles la dynamique d’accumulation du risque systémique est limitée. Il s’agit principalement des activités régulées de crédit et d’assurance. Ces activités ne sont pas à l’abri d’une crise : des erreurs de gestion peuvent conduire à la faillite d’un ou de plusieurs établissements pouvant avoir des impacts lourdement négatifs sur l’économie réelle. Mais ces éléments ne sont pas de nature à créer des incitations à l’accumulation de risque systémique.

- les activités qui sont globalement mal ou insuffisamment tarifées par les régulateurs, et présentent dès lors pour les acteurs du secteur financier des incitations à accumuler les risques correspondant jusqu’à développer une fragilité d’ensemble pouvant déclencher une crise systémique dans certaines circonstances économiques. Ces activités sont principalement la titrisation de crédits, les activités de marché au sens large dont les activités de dérivés OTC et certaines activités de gestion d’actifs (fonds monétaires ou hedge funds).


II. LES IMPACTS SUR L’EQUILIBRE ECONOMIQUE

A. Perte de confiance et crise de liquidité bancaire

En premier lieu, un événement grave qui affecte un établissement de crédit se traduit par une perte de confiance des clients, induisant un mouvement de retraits massifs auxquels la banque ne peut pas faire face par manque d’actifs liquides disponibles.
De plus, cette perte de confiance peut rapidement se propager pour deux raisons :
• D’une part, les déposants peuvent effectuer, par mesure de précaution, des retraits dans d’autres banques que celle qui est concernée, propageant rapidement l’illiquidité du système
• D’autre part, la banque qui, par illiquidité, ne peut plus honorer ses engagements, induira des effets néfastes en chaîne sur les confrères au travers des marchés et l’interconnexion qu’ils peuvent avoir via des prêts ou titres détenus.

Ces réactions en chaîne déclenchent alors une crise systémique qui va rapidement avoir des impacts sur l’économie :

La perte de confiance se répercute sur le marché interbancaire qui devient alors inactif ou avec des taux d’intérêts très élevés, ce qui contraint les banques à restreindre leur activité de crédit aux ménages ainsi qu’aux entreprises (« Credit Crunch » = raréfaction du crédit). En définitive, cette situation freine l’activité économique car, sans crédit, les ménages ne peuvent plus consommer autant et les entreprises ne peuvent plus investir.
Si les ménages ne consomment pas, cela se traduit par un frein à la croissance et à la demande anticipée par les entreprises. Par conséquent, les entreprises n’investissent pas, donc n’embauchent plus voire licencient pour raisons économiques, ce qui se traduit par une augmentation rapide du chômage.

Le risque systémique a donc un impact fort et direct sur les composants de l’économie, à savoir la consommation, l’investissement et donc la croissance économique qui se trouve freinée brutalement.

Enfin, la perte de confiance peut avoir également des conséquences sur les valeurs détenues par les établissements de crédit sur les marchés. Faute de liquidités pour faire face à leurs engagements, les établissements sont contraints de vendre rapidement une partie de leurs actifs (actions par exemple) en enregistrant des pertes élevées liées à la dépréciation de leur valeur. Par conséquent, ces pertes ont une incidence sur les fonds propres des banques, ce qui aggrave encore la crise de liquidité.

Exemple : En Septembre 2008, la faillite de Lehmann Brothers a entraîné une grave crise
de liquidité qui a failli précipiter le système financier mondial à sa perte. La banque, par absence de liquidité, ne pouvait plus honorer ses engagements et les clients faisaient la queue pour retirer leurs avoirs. La contagion a été évitée grâce à l’intervention de l’’état qui s’est substitué à la banque

C’est la raison pour laquelle les mesures propres à assurer la continuité de l’activité d’une banque en difficulté, et les mesures propres à rassurer les déposants sur la récupération de leur dépôt, offrent la perspective d’atténuer nettement ces risques de panique.

B. Les mesures pour préserver la confiance et prévenir le risque systémique

En France, les fonds de garantie sont appelés à entrer en jeu sur demande de l’ACPR, chaque fois qu’un établissement de crédit n’est plus en mesure d’honorer la restitution des fonds ou des titres déposés, ou encore l’engagement de caution délivré dans l’intérêt d’un client.

Ces fonds de garanti sont alimentés par une cotisation des établissements concernés et sont aujourd’hui au nombre de trois :
• Le fonds de garantie des dépôts garantit ces comptes à hauteur de 100 000€ par déposant et par établissement bancaire adhérent.

• Le mécanisme de garantie des titres qui indemnise les investisseurs jusqu’à 70 000€ par personne et par prestataire en cas d’indisponibilité de leurs instruments financiers et des opérations en espèce qui leur sont liées

• Le mécanisme de garantie des cautions qui honore les engagements pris par les établissements défaillants et garantit 90% du montant qui aurait pesé sur l’établissement de crédit, avec franchise de 3000€/.

Dans le cadre du projet d’Union Bancaire, il est prévu à terme la création d’un dispositif européen de garantie des dépôts (3ème pilier de l’Union Bancaire).

Par ailleurs, avec l’adoption en 2004 du règlement 2004-02, les banques ont également l’obligation de se doter d’un plan de continuité d’activité (PCA) qui se définit comme « un ensemble de mesures visant à assurer, selon différents scénarios de crise, y compris face à des chocs extrêmes, le maintien, le cas échéant de façon temporaire selon un mode dégradé, des prestations de service essentielles de l’entreprise puis la reprise planifiée des activités.

CONCLUSION :

Afin de faire face et prévenir les conséquences désastreuses qu’une crise systémique fait peser sur l’économie réelle, les autorités publiques ont mis en place des règles prudentielles (Bâle 3 avec un durcissement des ratios de solvabilité + mise en place de ratios de liquidité + ratio de levier) et des mécanismes de contrôle et de surveillance (Création du CERS, mise en place du MSU puis MRU puis mécanisme de garantie des dépôts) afin d’éviter que les acteurs ne prennent trop de risques. Par ailleurs, les banques centrales peuvent éviter les emballements en jouant sur les facilités de refinancement qu’elles accordent aux banques commerciales.

L’expérience montre cependant que la prévention ne réussit pas toujours et l’intervention des pouvoirs publics vise alors « a posteriori » à empêcher la transformation du risque en crise systémique majeure : les banques centrales agissent en tant que « prêteur en dernier ressort » en apportant des liquidités mais aussi, avec les gouvernements pour empêcher en urgence l’arrêt d’activité des banques ou institutions financières présentant un risque systémique.

La panoplie « anticrise systémique » du système financier a cependant été soumise à des critiques parfois opposées : pour les uns, elle n’est pas suffisante face à l’accélération des innovations financières. Pour d’autres, elle a l’inconvénient de trop limiter la concurrence.

nicolas percet

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Re: Question 14 : Qu’entend-on par risque systémique et en quoi ce risque est-il d’une grave portée pour l’équilibre économique ?

Message par pierre-alexis dard le Mar 1 Mar - 18:46

QUESTION 14 (ENVIRONNEMENT REGLEMENTAIRE)
Qu’entend-on par risque systémique et en quoi ce risque est-il d’une grave portée pour l’équilibre économique ?

INTRODUCTION :

Le système financier est soumis à différents risques, tels que, les risques de crédit, les risques de marché et les risques opérationnels.
Depuis 1929, l’économie mondiale a traversé différentes crises, pétrolière, dettes bancaires et krachs boursier, ayant impliqués un risque important pour la pérennité du système financier.
La faillite de la banque allemande (Herstatt) en 1974 a entraîné la première prise de conscience des risques systémiques sur les marchés financiers.
Plus récemment, la crise des subprimes de 2008 débutée aux Etats-Unis, a soulevé une défiance sur les marchés par le risque de liquidité, qui s’est étendue à l’ensemble de l’économie mondiale.
En premier lieu, nous verrons en quoi consiste le risque systémique, puis nous analyserons les conséquences du risque systémique sur le système financier et l’économie réelle.

I. En quoi consiste le risque systémique ?

On appelle risque systémique le risque qu’un évènement particulier, endogène au système considéré, entrave par le biais de réaction en chaîne des effets négatifs considérables sur l’ensemble du système économique pouvant conduire à son effondrement. On parle d’effet dominos.
Le risque systémique est inhérent au système bancaire et financier, du fait des interrelations existantes entre les différentes institutions et les différents marchés.
La gravité du risque systémique réside dans le fait que le plus souvent les effets négatifs se propagent sur l’économie réelle.
Par exemple, en cas de risque de faillite d’une banque, la réaction de panique de tous les déposants voulant récupérer leur argent précipite la faillite de la banque déjà en difficulté. Ce mouvement d’agitation et de panique peut se propager mêmes aux banques saines et conduire de ce fait à leurs défaillances.
Dans de telles circonstances, le fonctionnement du marché ne tend pas vers l’équilibre mais vers la catastrophe.
Les différentes activités à caractère systémique sont :
- Les activités de crédit bancaire : notamment la titrisation qui consiste à transférer le risque financier à différents investisseurs et le shadow banking non réglementé
- Les activités d’assurances et de réassurances : difficulté d’évaluation des risques et des imprévus
- Les activités de marché : les différentes opérations telle que la spéculation sont profitables mais sont dangereuses car la prise de risque peut être considérable

Les critères de mesure des risques systémiques sont nombreux et interconnectés :
- La taille du bilan des établissements financiers
- Les relations entretenues avec leurs partenaires
- Le rôle des banques centrales dont ils dépendent
- Les moyens budgétaires dont disposent les Etats

II. Les conséquences du risque systémique

Les conséquences sur les risques financiers :
- Crise de liquidité : le risque d’illiquidité consiste pour un agent économique à ne pas pouvoir payer son passif exigible avec ses créances liquides. Pour une banque, il se caractérise par son incapacité à pouvoir faire face à des retraits massifs de sa clientèle et cela entraîne une réelle paralysie de tous les marchés interbancaires.
- Crise de valorisation : la banque vend ses actifs liquides pour faire face à ses besoins immédiats, cela incite une vente rapide de ses positions. Il y a donc un risque de perte et de dégradation de ses conditions de refinancement.

Les conséquences sur l’économie réelle :
La contagion du système financier à l’économie réelle se fait par plusieurs canaux principaux :
- Des perturbations dans le système de paiement peuvent provoquer des faillites de firmes solvables mais illiquides.
- L’effondrement du prix des actifs résultant d’une pénurie de liquidité sur les marchés peut être à l’origine de difficultés financières sérieuses des ménages ou des entreprises et d’un ralentissement de l’activité économique.

Les perturbations sur le marché de crédit entraînent la dégradation de la situation des banques les conduisant à devenir plus restrictives dans la distribution de crédit.
Les emprunteurs, privés de financement, sont alors eux-mêmes en difficulté et cela engendre une hausse du nombre de défaillance dans l’économie.
De plus, cela implique des pertes additionnelles pour les banques et un recul de croissance. Le marché de l’immobilier ou de l’automobile peuvent être impacté par exemple.
Les entreprises ont alors des difficultés à faire face à leurs besoins et peuvent subir une baisse conséquente de leur chiffre d’affaire. Situation qui peut entraîner des licenciements et donc une hausse du chômage.

CONCLUSION

Pour se prémunir du risque systémique et limiter son impact sur l’économie réelle, les autorités publiques ont mis en place une politique prudentielle.
De ce point de vue, les instruments de gestion de crise employés pour secourir le secteur bancaire tel que, les garanties de dépôts, les prêts en dernier ressort et les prises de participation de l’Etat se sont révélés efficaces pour circonscrire le risque systémique.
Cependant, la récente crise des subprimes, a mis en évidence plusieurs failles structurelles, comme la difficulté pour les autorités nationales de détecter à temps le niveau de risque accumulé et que la réglementation bancaire, malgré ses récentes évolutions, n’a pas joué le rôle prudentiel attendu.
Face à ce constat il est apparu nécessaire d’engager une révision des modes de régulations afin d’assurer une meilleure stabilité du système financier ; pour se faire : plan d’action du G20 et nouvelles normes Bâle III par exemple.
Cependant, un renforcement excessif des contraintes pesant sur les banques ne risquerait-il pas de brider la distribution de crédits et de modifier brutalement les modes de financement de l’économie ?





pierre-alexis dard

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Re: Question 14 : Qu’entend-on par risque systémique et en quoi ce risque est-il d’une grave portée pour l’équilibre économique ?

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