Q47 : Désintermédiation bancaire et désintermédiation financière sont-elles toujours d’actualité ?

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Q47 : Désintermédiation bancaire et désintermédiation financière sont-elles toujours d’actualité ?

Message par Estelle S le Lun 15 Fév - 15:48

Q47 : Désintermédiation bancaire et désintermédiation financière sont-elles toujours d’actualité ?

Intro :  La désintermédiation bancaire et financière correspond à l’autonomisation des agents non financiers vis-à-vis des banques, pour financer leurs projets. C’est une conséquence de la modification des comportements et des circuits de financements. Ce phénomène s’est accéléré dans les années 80-90, avec la mondialisation des marchés financiers et leur dérèglementation. La crise des subprimes de 2007 et la faillite retentissante de Lehmann Brothers ont entraîné une perte de confiance dans les marchés financiers. On aurait pu penser que la part d’intermédiation bancaire des institutions de crédit progresserait, pourtant, celle-ci a chuté de 55% à 49%. Nous allons donc voir si….

I- Toujours d’actualité
1. Le « shadow banking » regroupe l’ensemble des financements non bancaires. On parle alors de banque parallèle. Ce système connaît un fort développement en Asie, en Europe, aux Etats-Unis mais également dans les pays émergents dont la Chine et le Brésil. Cette activité florissante trouve ses fondements dans les règles prudentielles dites « Bâle III ». Elle n’est effectivement pas soumise aux mêmes contraintes réglementaires sur les fonds propres par exemple. Elle a toutefois une utilité reconnue pour le financement de l’économie réelle. Depuis les années 2000, le « crowdfunding » a fait son apparition. Ces plateformes numériques permettent aux entrepreneurs qui n’ont pas accès au crédit classique bancaire de financer leurs projets avec des prêts ou des dons. Les épargnants eux peuvent espérer des rendements plus élevés.
2. Il existe d’autres moyens de financement. Les sociétés de taille suffisante peuvent recourir aux introductions en bourse comme Deezer en octobre 2015 ou Amundi en novembre 2015, ou à des augmentations de capital par le même biais. L’Etat peut lui aussi recourir aux marchés financiers par l’émission d’emprunts obligataires. La banque devient alors un simple intermédiaire. On peut également citer les crédits inter-entreprises comme les délais accordés par certains fournisseurs à leurs clients.
3. A noter que la désintermédiation bancaire permet aux agents économiques de réduire leurs coûts d’un côté et d’augmenter leurs rendements de l’autre. Elle est aussi un moyen plus souple de financer certains projets où les banques ont des filtres plus rigides (gestion du risque par exemple).

II- On a toujours recours aux banques
1. Le recours à l’intermédiation bancaire permet aux emprunteurs et épargnants de réduire leurs risques. La banque étant en effet responsable de la transformation du risque, de l’information et de l’échéance, elle garantit donc à l’un la restitution de ses dépôts et à l’autre la disponibilité des fonds jusqu’à la fin du prêt. En passant par les banques parallèles, aucune garantie n’est accordée aux épargnants pour récupérer leurs mises. Ces derniers manquent également de temps pour effectuer toutes les recherches nécessaires sur les marchés financiers et choisir LE bon investissement. La banque a les moyens pour les investigations et analyses nécessaires.
2. En France, les taux historiquement bas ont permis aux crédits bancaires de progresser sur 2015 : + 4,1 % sur 12 mois pour les particuliers et + 4,5% pour les entreprises (chiffres FBF à fin nov. 2015). Les clients continuent également de recourir au découvert, qui reste un crédit bancaire sur du très court terme.
3. Le renforcement de la protection du consommateur (directive MIF, loi Lagarde …) incite les ménages à rester fidèles à leur banque et à privilégier ce mode de fonctionnement.
4. Comme nous l’avons vu plus haut, le « shadow banking », par la force des choses, a fait évoluer les métiers de la banque. Il s’agit au final d’une nouvelle forme d’intermédiation, l’intermédiation de marché. Les établissements bancaires mettent ainsi à disposition de leurs clients de nouveaux outils pour accéder à ces marchés.

Ccl : Aujourd’hui, les dettes des entreprises sont financées à 61% par les marchés et seulement 39% par le crédit bancaire. Les banques restent les principaux intervenants sur les marchés financiers et participent elle-même à la finance de l’ombre avec la titrisation de leurs créances ou la création de produits dérivés. Le risque systémique est donc loin d’être circonscrit. Le G20 cherche donc à encadrer le « shadow banking ».

Estelle S

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