Question 40 : En quoi l'analyse des SIG éclaire-t-elle le banquier sur le risque potentiel de s'engager en octroyant des concours ?

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Question 40 : En quoi l'analyse des SIG éclaire-t-elle le banquier sur le risque potentiel de s'engager en octroyant des concours ?

Message par Gaëtan T le Sam 16 Avr - 19:12

Question 40 : En quoi l’analyse des SIG éclaire-t-elle le banquier sur le risque potentiel de s’engager en octroyant des concours ?

Les soldes intermédiaires de gestion (SIG) sont déterminés après le retraitement du compte de résultat et permettent d’aborder l’entreprise à partir d’une analyse fonctionnelle de la formation de son résultat. Les soldes intermédiaires de gestion d’une entreprise sont répertoriés depuis le chiffre d'affaires jusqu’au résultat. Neuf soldes intermédiaires de gestion sont ainsi calculés.
Nous verrons dans un premier temps les différents SIG et leurs significations puis dans un second temps quel éclairage apportent-ils au banquier dans le processus d’octroi de crédit.

I. Les différents SIG

a) La marge commerciale
Formule : Marge commerciale = Ventes de marchandises et de services - Coût d'achat des marchandises vendues
La marge commerciale reflète l'activité de négoce de l'entreprise.
Le chiffre d'affaires peut se définir comme étant le montant total des ventes de marchandises, des produits fabriqués, des prestations de services et des produits des activités annexes enregistré par l'entreprise avec les tiers dans l'exercice de son activité professionnelle normale et courante.
Le chiffre d'affaires est un élément de comparaison essentiel pour les dirigeants ou pour les différents créanciers de l’entreprise (dont les banques).
Le volume d'affaires généré par l'activité courante de l'entreprise, son périmètre d’activité et l’évolution de ses prix sont régulièrement appréciés en fonction de l’évolution de son chiffre d’affaires.
b) La production de l'exercice
Formule : Production de l'exercice = Production vendue + Production immobilisée + ou - Production stockée
La production reflète le volume d'activité de l'entreprise. Elle consiste à transformer différents types de produits (énergie, matières premières, produits intermédiaires,…) en nouveaux produits vendus par l’entreprise. Cette production implique des coûts qui comprennent les charges directes (exemple des matières premières consommées ou de la main-d’œuvre fabriquant le produit) et les charges indirectes.
La maîtrise des différents coûts de production est un des éléments fondamentaux de la compétitivité d'une entreprise.
La production de biens et de services permet de créer de la valeur ajoutée.
c) La valeur ajoutée (VA)
Formule de la valeur ajoutée : VA = Marge commerciale + Production - Consommations externes
La valeur ajoutée mesure la valeur crée par une entreprise. Elle peut être considérée comme étant la différence entre la valeur finale de la production et la valeur des biens qui ont été consommés dans le cadre du processus de production.
La valeur ajoutée est un critère d’appréciation de l'augmentation de valeur que l'entreprise apporte du fait de son activité aux biens et services intermédiaires qui proviennent de tiers. Elle permet également de calculer la Taxe sur la Valeur Ajoutée.
d) Excédent brut d'exploitation (EBE)
Formule : EBE = Valeur ajoutée + Subventions d'exploitation - Charges de personnel - Impôts et taxes
L’Excédent Brut d'Exploitation est une ressource d’exploitation qui permet de mesurer la réelle performance d’une entreprise sans tenir compte de l’impact des décisions fiscales (amortissements ou/et provisions) ou financières qu’elle a pu prendre.
L’Excédent Brut d'Exploitation est notamment retenu dans le cadre de l’analyse financière en le rapportant au chiffre d’affaires hors taxe afin de pouvoir apprécier la profitabilité de l'activité de l’entreprise. L’Excédent Brut d'Exploitation doit normalement permettre d’assurer l’autofinancement d’une entreprise.
e) Le résultat d'exploitation

La détermination de la marge d’exploitation s’effectue en rapportant le résultat d'exploitation au chiffre d'affaires réalisé par une entreprise. Cette marge d’exploitation est analysée par les banques et les investisseurs puisqu’elle permet d'apprécier la capacité de l'entreprise à générer des profits sans tenir compte de ses résultats purement financiers ou de ses résultats non récurrents (exemple des résultats exceptionnels provenant des cessions d'actifs).

f) Le résultat financier

Le solde entre les produits financiers (les intérêts sur les placements,…) et les charges financières (les charges financières sur les découverts,...) donne naissance au résultat financier.

Le mode de financement d’une entreprise (encours et conditions de crédit) influence fortement son résultat financier.

Une entreprise faiblement endetté doit normalement générer un résultat financier équilibré ou positif alors qu’une entreprise, fortement endettée, fera apparaître un résultat financier négatif.

g) Le résultat courant

Le résultat courant s’obtient en déduisant du résultat d'exploitation les charges financières nettes des produits financiers. Le résultat courant peut se calculer soit avant ou soit après impôt.
Le résultat courant avant impôt correspond au résultat d'exploitation minoré par un résultat financier négatif (les charges financières sont alors supérieures aux produits financiers) ou majoré du résultat financier (les produits financiers sont alors supérieurs aux charges financières).
Le résultat courant avant impôt est un critère de gestion essentiel puisqu’il permet de moduler le fruit de l'activité principale de l'entreprise avec l'impact financier que peut provoquer son endettement.

h) Le résultat exceptionnel

Le résultat exceptionnel est associé à des événements qui ne sont pas directement reliés à l'exploitation habituelle de l'entreprise.

Le solde entre les produits exceptionnels et les charges exceptionnelles permet de déterminer le résultat exceptionnel (évènements normalement marginaux qui sont apparus au cours de l'exercice passé).

Des opérations de gestion ou des opérations en capital peuvent en être à l’origine. Il pourra s’agir, par exemple, de plus ou moins-values sur cessions d'actifs.


i) Le résultat net de l'exercice

Le résultat annuel réalisé par l’entreprise est révélateur de son enrichissement ou au contraire de son appauvrissement. Il va permettre d’appréhender les performances passées de l’entreprise mais aussi sa capacité de développement futur.

II. Analyse des SIG par le banquier dans le processus d’octroi de crédit

L'octroi de crédit par les banques joue un rôle clé dans l'évolution économique d'un pays. Cette activité est coutumière des entreprises qui recourent à cette sorte de financement pour développer leurs affaires. Pour le banquier, l’octroi de crédit correspond à une prise de risque: celui de l’insolvabilité de l’emprunteur. Ainsi, l’organisation de la maîtrise du risque de crédit a une importance particulière et doit reposer sur un certain nombre de principes et une politique cohérente en matière d’étude des dossiers et de suivi des concours. La fonction crédit est dès lors le pivot central de cette organisation et son processus doit permettre la maîtrise de ce risque. La meilleure façon donc de se mettre à l’abri du risque de contrepartie, c’est de ne prendre au départ que de bons risques. Par conséquent, c’est au stade de la décision que se joue l’essentiel de la partie. Le banquier se doit donc de se doter d’une politique de crédit rigoureuse et réunir plusieurs sources d’informations suffisamment fiables pour motiver et justifier sa prise de décision.
Les SIG permettent au banquier de déterminer si l'entreprise analysée est rentable et de comprendre quels sont les facteurs générateurs de résultat (positif ou négatif). Est-ce que l'activité de l'entreprise est rentable ou non ? Est-elle grevée par des frais financiers ou améliorée temporairement par un résultat exceptionnel ?
L'analyse des SIG permet aussi d’approfondir l’analyse du banquier et de ne pas se laisser leurrer par un résultat positif "artificiel" ou au contraire de ne pas arrêter l’analyse à un résultat net négatif mais qui repose sur une activité intrinsèquement rentable et viable.
Les SIG permettent donc de décomposer le résultat d'une entreprise pour améliorer le diagnostic financier et identifier les différents facteurs qui sont à l'origine du résultat de l'entreprise-Soit identifier le profit réel issu de l’exploitation à travers notamment la VA, l’EBE etc…
-Soit identifier la politique d’investissement de l’entreprise à travers le Rex qui tient compte des dotations aux amortissements d’exploitation. Plus une entreprise investit, plus les dotations aux amortissements seront élevées et impacteront donc fortement le Rex.
La politique de financement à travers le RCAI qui intègre les charges financières. Si elles sont élevées, cela peut souvent traduire un endettement important et/ou un recours important aux concours CT et donc une certaine dépendance financière. En principe, le coût de l’endettement financier ne doit pas dépasser 33% de l’EBE. Mais parfois, les charges financières peuvent également correspondre à la rémunération des comptes courants d’associés présents dans la société.
-Soit identifier le profit dû à des éléments exceptionnels ce qui n’est donc pas du tout représentatif de l’activité de l’entreprise hors cas exceptionnels comme les activités de transports. L’objectif principal est de porter un jugement sur la capacité́ de l’entreprise à dégager, à partir de son exploitation, des résultats et à financer la croissance.
Ce sont, en effet, les résultats à venir qui permettent de dégager des ressources qui assurent le financement des investissements requis par la croissance et le remboursement futur des dettes contractées par l’entreprise. Pour avoir une vision plus juste, il faut généralement tenir compte des 3 dernières années et analyser l’évolution des différents SIG. Cela permet de faire une moyenne car une année peut tout à fait avoir des résultats un peu exceptionnels que ce soit positivement ou négativement.
De plus, les SIG sont un élément de comparaison à d’autres entreprises du même secteur d’activité et/ou de même taille pour évaluer comment l’entreprise est positionnée dans son marché en terme de taille et de rentabilité.
Enfin, l'environnement économique est devenu de plus en plus complexe et contraignant pour les banques qui doivent maîtriser et minimiser leurs risques, ceux-ci étant principalement liés à l’octroi de crédit que ce soit court terme ou moyen long terme. L'octroi d'un crédit est une nécessité sur le plan économique mais il est intrinsèquement lié à la notion de risque. Afin de minimiser ces risques et mettre en place les crédits adéquats, le banquier doit donc procéder à l'analyse de la situation financière de l'entreprise de manière à s’assurer que l’entreprise est rentable et solvable dans le but de pouvoir faire face à ses dettes. Cette analyse lui permet aussi d’apprécier le risque de défaillance de l’entreprise. Chaque crédit est soumis à des risques, qui peuvent être différent d'un crédit à un autre entraînant certaines précautions nécessaires qui peuvent se traduire par des prises de garantie.

Conclusion : Les SIG sont donc un outil important d’aide à la décision pour l’octroi de concours. L’analyse doit être complétée par les éléments du bilan et mettre en perspective les différents indicateurs, qui n’ont de sens que dans le temps. Même si l’analyse à travers ces indicateurs chiffrés est importante, elle doit être complétée par des critères d’appréciation sur le dirigeant, son expérience et ses capacités, ses moyens et bien entendu par une analyse fine du marché sur lequel évolue son entreprise, la concurrence et le contexte économique sous-jacent.

Gaëtan T

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Date d'inscription : 01/03/2016

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