46. En quoi la dette publique est-elle un facteur essentiel dans la gestion économique d’un pays ?

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46. En quoi la dette publique est-elle un facteur essentiel dans la gestion économique d’un pays ?

Message par Florent C le Dim 10 Avr - 10:42

La dette publique est souvent perçue comme un fardeau : on s’inquiète du « poids » de la dette pour l’avenir d’un Etat. En France la dette publique dépasse les 2,1M d’EUR et elle s’approche de 100% du PIB. Elle s’est formée dans un contexte de faible croissance et de dépenses publiques importantes. Ainsi, lorsque ses dépenses sont supérieurs ses recettes, l’Etat se retrouve avec un budget en déficit et il est obligé d’emprunter. Lié aux choix de l’Etat en matière de politique budgétaire, la dette publique est donc un outil de la gestion économique d’un pays, au même titre que la politique monétaire qui cherche à mettre à la disposition de l’économie la quantité de monnaie la plus adéquate possible. En UE, les Etats ont transféré à la BCE la gestion de leur politique monétaire mais ils conservent un rôle la gestion de leur budget.
Voyons tout d’abord, l’utilité de la dette publique puis les contraintes que celle-ci peut poser dans la gestion économique d’un pays


I. La dette publique et la relance

L’Etat vise le « carré magique » : la croissance, l’emploi, la stabilité des prix et l’équilibre de la balance des transactions courantes => il justifie son intervention par une situation non conforme à ses attentes (croissances insuffisante, chômage, pauvreté…) => sa pol économique exprime ses choix pol et sociaux.

A. Les idées face au poids de l’histoire

_La guerre est le principal facteur de l’endettement des Etats au XXe S : Ière puis 2nd GM. Pendant les 30 Glorieuses, les dettes publiques importantes sont largement financées par la croiss et l’inflation. 1 croiss faible et l’intervention massive des Etats lors de la crise de 2008 => un niveau endettement inconnu en période de paix
_La crise de 1929 marque un tournant car elle amène les Etats à intervenir pour tenter d’en atténuer les CSQ sur la société (chômage de masse, pauvreté, tensions politiques…)
_Jusque-là, le paradigme dominant = un Etat économiquement « neutre » : c’est l’approche libérale.
Le M tend naturellement à s’autoréguler, donc le « laisser-faire, laisser passer » doit conduire à l’équilibre économique. L’Etat doit se limiter à son rôle « d’Etat gendarme ». S’il intervient c’est uniquement pour faire respecter les conditions d’une concurrence « pure et parfaite ».
_L’échec de ces idées en réponse à la crise de 1929 amène les intervenir pour relancer l’activité économique (ex du New Deal au EU). C’est l’approche de Keynes : mécanisme d’autorégulation des M ne conduit pas nécessaire à l’équilibre => l’Etat doit intervenir au niveau macroéconomique pour stimuler la croissance. C’est « l’Etat providence » qui devient le paradigme dominant dans la 2nd moitié du XXe s.

B. Les principes de l’Etat providence

_En cas de récession, l’Etat peut accroitre ses dépenses (ou réduire ses impôts), quitte à provoquer du déficit budgétaire à CT => agents économiques disposent de + de R et l’augmentation de leurs dépenses va stimuler la croissance. A + LT la croissance doit permettre à l’Etat de rétablir l’équilibre de son budget.
_L’Etat peut intervenir :
- Dans le domaine social pour atténuer les effets immédiats de la crise (pol de redistribution)
- Par des politiques conjoncturelles (ex stimuler la demande) pour rechercher plein emploi ou rétablir la compétitivité nationale à CT
- Par des politiques structurelles : orienter les structures économiques à LT : pol agricole, pol indus, pol sociale (éduction), financement de la recherche fondamentale


II. Les contraintes sur la gestion économique d’un pays

A. Les emprunts publics

_Avec les impôts (90%), ils constituent les principales recettes de l’Etat
_Au niveau des ménages, ils ponctionnent une partie des R affectées à la consommation des ménages => peut ralentir croissance
_Au niveau des entreprises, le poids des emprunts public peut entraîner un effet d’éviction. Ex des 80’S où les émissions publiques représentaient 40% des émissions brutes sur le M obligataire => effet négatif sur la croissance.

B. Le poids de la dette

_La dette publique de certains Etats riches dépasse 100% du PIB EU, Italie, Japon, celle de la France est en passe de franchir ce cap. De nombreux pays de l’UE ne respectent donc pas les critères du Pacte de stabilité et de croissance (critères de Maastricht) : déficit max 3% et dette publique 60% PIB. Déficit public de la F 3,5% en 2015.
_Le contexte économique a accru le poids de la dette des 80’s aux 2000’s : effet de levier négatif avec des taux d’intérêts supérieurs à la croissance.
_ Pour se financer l’Etat émet des titres à CT, MT et LT. Quand l’épargne domestique ne suffit pas appel à l’épargne extérieur des non-résidents. En France, 63% détenues par des porteurs étrangers, 19% par les assureurs fr et 10% par les banques. Ce qui interroge sur l’indépendance et la marge de manœuvre de l’Etat fr pour décider à terme de la politique budgétaire.
_Actuellement, les taux d’intérêts sont très bas et on constate que le poids des intérêts financiers sur la dette fr diminue malgré une hausse de son encours. Quid du moment où les taux vont repartir à hausse ?
_Le déficit peut se voir comme une arme à double tranchant : l’Etat s’endette pour financer des investissements destinés à faire la croissance de demain. Mais le coût de la dette publique peut limiter ses marges de manœuvre (15% budget de l’Etat now contre 6% début 80’S)
_Question du poids de la dette sur les générations futures fait débat : est-ce que la charge de la dette va limiter la croissance (rembourser car baisse conso) ou bien va-t-elle la favoriser avec l’éducation, la santé, les infrastructures ? Dvlt idées de la règle d’or : ne financer par endettement que de l’investissement (dans Constitution allemande et compta des collectivités territoriales fr)
_Contrairement aux ménages, la continuité de l’Etat doit lui permettre en théorie d’être perpétuellement endetté et pas concerné par le risque d’insolvabilité. Pourtant la faillite de l’Etat peut arriver : ex de l’Argentine, en cessation de paiement en 2002.

Conclusion :
L’endettement public est un outil essentiel de la politique économique de l’Etat. A CT, il intervient pour atténuer les effets négatifs de la conjoncture économique et pour soutenir la croissance. A LT, il investit pour préparer la croissance de demain. La question de la dette interroge sur le rôle économique de l’Etat et sur les contraintes qu’elle peut représenter pour la gestion économique d’un pays. Le débat reste ouvert dans la mesure où politiques d’inspiration libérale comme celles keynésiennes ont montré leurs limites.


Florent C

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Date d'inscription : 10/03/2016

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