Question 28 : Peut-on considérer la microfinance comme une activité concurrentielle ou complémentaire des banques, pourquoi?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Question 28 : Peut-on considérer la microfinance comme une activité concurrentielle ou complémentaire des banques, pourquoi?

Message par Sonja V le Ven 25 Mar - 10:37

Introduction : La microfinance a pour objectif de fournir des services financiers aux personnes à très faible revenu. Elle fait partie des moyens de lutter contre l’exclusion bancaire et sociale. Elle s’inscrit dans une démarche envisageant un monde où les ménages « pauvres » disposeraient d’un accès permanent à des services financiers abordables et de qualité pour financer des activités génératrices de revenus, accumuler des actifs, stabiliser leurs dépenses de consommation et se prémunir contre les risques.
Au cours des dernières années, les institutions de microfinance (IMF) et les établissements bancaires « classiques » se sont efforcés d’élaborer des produits et des modes de prestation susceptibles de répondre aux besoins très divers des populations à faible revenu.
Ainsi nous verrons d’une part, les principaux points qui différencient les établissements bancaires « classiques » des instituts de microfinance, et, d’autre part, nous verrons que les 2 sont liés et ont des activités plus complémentaires que concurrentielles.

A) Points de différenciation :

- Cible : dans les pays en développement les opérations de crédit des institutions bancaires officielles sont largement destinées aux entreprises de l’Etat et à quelques grandes entreprises privées et non aux populations et micro entreprises (ex : les banques sont davantage intéressées par les ressources des entreprises, mais tout dépend de la taille, et du niveau de rentabilité. Les PME de taille petite et moyenne sont généralement peu éligibles au crédit bancaire, en raison de l’insuffisance des garanties matérielles. )
- Objet de financement : Etat et grandes entreprises pour système « classique » / biens de consommation et micro entreprenariat pour IMF
- les banques disposent de surliquidités énormes, mais sans l’outillage de financement approprié (besoin de personnel qualifié en microfinance, absence de gouvernance...) et d’autre part, les IMF disposent des mécanismes de financement adaptés, mais se trouvent limitées par le manque crucial de ressources à long terme.
- les garanties : les IMF ont substitué la « garantie sociale » à la « garantie matérielle ». Si l’analyse des états financiers, des fiches de salaires, et la fourniture de garanties matérielles sont essentiels dans la banque, en microfinance, c’est plutôt l’usage de l’information locale, la solidarité du groupe, la pression sociale et la moralité du client, entre autres, qui sont à la base.
- statuts : IMF non soumis au statuts légaux : pas de réserve obligatoire. D'une manière générale, les institutions de microfinance sont considérées comme des intermédiaires non monétaires, c'est-à-dire qu'elles ne créent pas la monnaie dans leurs opérations de crédits. Ce qui permet de les différencier des banques dans leur fonction alors que les banques créent de la monnaie en accordant des crédits.

B) Points de convergence et intérêts communs :

- Elargissement de la sphère financière : étendre l’offre des crédits à tous les acteurs économiques, les micro-entrepreneurs en particulier. Même si les deux types d’activités sont certes différentes, elles se dévouent bien souvent pour le même objectif, à savoir collecter l’épargne des agents excédentaires pour les besoins de financement des projets jugés rentables. Donc création de valeur pour les deux secteurs en améliorant l’efficience du système d’intermédiation financière dans les pays.
- Développement des flux financiers : fonds provenant des institutions bancaires formelles parviennent aux petits entrepreneurs par l’intermédiaire de groupes de prêteurs informels
- Epargne collectée par l’institution de microfinance vient accroître le montant de l’épargne collectée par la banque (l’épargne collectée se retrouve sécurisée dans le secteur bancaire.)
La liaison entre banques et IMF revêt de deux formes, à savoir l’intégration et le partenariat :
- Le partenariat consiste pour la banque et les IMF de développer des synergies entre elles afin de répondre efficacement aux besoins de financement des micro entrepreneurs. Ainsi, les deux institutions, en fonction de leurs spécialisations respectives, s’apportent des contributions complémentaires en matière de production ou de commercialisation. Le but des banques étant d’étendre leur activité dans les zones à bas revenus, zone rurales notamment et le but des IMF étant de se développer, se renforcer institutionnellement et technologiquement.
- L’intégration consiste pour une institution (banque ou IMF) d’intervenir sur un autre marché pour proposer ses services à une clientèle qu’elle ne ciblait pas au départ. Ainsi, une banque peut s’investir sur le marché de la microfinance en proposant directement ses services aux micro-entrepreneurs (on parle de downscaling). De même, une IMF peut intervenir sur le marché bancaire en augmentant la taille de ses opérations afin d’atteindre une niche plus aisée (on parle de upscaling).

Conclusion : Il est donc clair que les IMF sont réellement complémentaires aux banques mais cette complémentarité débouche sur des rapports de compétition, surtout aux frontières entre les deux secteurs. ( varie avec le développement, la maturité de la microfinance).
A ce propos, nous rappelons que le but ultime de la microfinance est de faire son intégration dans le secteur financier officiel, ce qui signifie que ces deux secteurs tendent naturellement vers la concurrence.




Sonja V

Messages : 4
Date d'inscription : 29/02/2016

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum