19. Comment le PNB généré rend-il compte des orientations privilégiées par les banques ?

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19. Comment le PNB généré rend-il compte des orientations privilégiées par les banques ?

Message par Florent C le Dim 20 Mar - 19:18

Intro :

Les banques ont un rôle particulier dans l’économie car elles travaillent l’argent d’autrui et leurs activités comportent des risques importants. Pour déterminer la marge brute générée par l’activité bancaire on emploie la notion de PNB (Produit Net Bancaire), elle est l’équivalent de la valeur ajoutée. Son objectif est de fournir un bon indicateur de l’évolution de l’activité des banques et de faciliter les comparaisons entre établissements. En fonction du marché et des stratégies de développement des banques le PNB évolue constamment. Pour traiter ce sujet nous prendrons en considération le modèle français de banque universelle . Dans une première partie nous verrons comment se constitue le PNB de la banque. Puis, dans une seconde partie nous verrons en les orientations privilégiées.

I. La constitution du PNB
A. Le calcul du PNB
Le PNB est calculé par la différence entre les produits et les charges bancaires :
+ la marge d’intermédiation
+ les commissions nettes facturées
+/- solde entre les plus-values et les moins-values des titres détenus pour compte propre
+ dividendes reçues (filiales et participations)
+/- (+refacturation de services à des filiales, produits de promotion immobilière – loyers de crédit-bail)
=> La marge d’intermédiation et les commissions sont les deux éléments déterminants du PNB

B. L’intermédiation
_La marge d’intermédiation est la différence entre :
+ intérêts perçus des crédits
- intérêts versés sur les dépôts rémunérés
_ La banque s’engage à être fournisseur de liquidités auprès de ses clients :
Pour le déposant : sécurité du dépôts et sa restitution
Pour l’emprunteur : mise à disposition du prêt jusqu’aux échéances convenues

C. Les commissions : PSC + PSI
_La Prestation de Services Connexes (PSC) : concerne essentiellement la banque de détail =
+opérations de vente : actifs achetés en l’état et revendu avec une marge commerciale (OPCVM, contrats d’assurances, devises, or)
+ opérations de conseil : opérations sur fortunes privées, institutionnelles ou d’entreprises (asset-management ) et conseil en ingénierie (gestion de haut de bilan)
+ location simple
_La Prestation de Services d’Investissement (PSI) : concerne partiellement la banque de détail = opérations sur actifs financiers côtés dédiées aux émetteurs et aux souscripteurs + pour compte propre

II. Les orientations privilégiées

A. Le poids de la conjoncture économique
La conjoncture économique amène les banques à rechercher de nouvelles sources de PNB.
_Depuis la crise de 2008, la BCE a considérablement baissé son principal taux directeur : >4% en juillet 2008 à 0,05% en septembre 2014 puis 0 en mars 2016. Obj : soutenir économie et relancer inflation. CSQ pour les banques : une forte baisse de leur marge d’intermédiation
_concurrence accrue : les assureurs (Axa Banque propose compte rémunéré, livrets, prêts personnels crédit immobilier par exemple) et les grands distributeurs (Carrefour Banque propose services de paiement CB, prêts perso, crédit renouvelable, CSL, CAT, assurance vie, IARD ) + arrivée de nouveaux acteurs comme Orange qui rachète Groupama Banque (base de 28M de clients, 850 boutiques très fréquentées + un cœur de métier autour du mobile qui représentait 2/3 des 700M de connexions à la BAD de la Société Générale en 2015)
_rigidité à la baisse de la rémunération de l’épargne réglementée (LA, LDD, LEP, CEL, PEL)
_phénomène de renégociation des crédits immob (6 milliards d’encours à 4% pour le Crédit Mutuel en Alsace)
_réglementation de plus en plus contraignantes : MSU en UE effectif depuis novembre 2014, renforcement des fonds propres avec les normes Bâle III => tout cela est très lourd et très coûteux à mettre en place pour les établissements bancaires.

B. Les réponses à la baisse des marges d’intermédiation : le développement des commissions
Les banques cherchent à développer leurs commissions en développant des activités connexes :
_Crédit Mutuel précurseur dans les assurances de biens et de personnes depuis les 70’S (ACM fondées dans 80’S) : en 2014 >10 milliards de CA, > 26M de CT, 8,6M d’assurés. D’autres groupes ont emboîtés le pas ex BPCE Assurances pour les Caisses d’Epargne. Obj : dvlt PNB + fidélisation de la clientèle
_Vente de produits de prévoyance : décès, obsèques (source de PNB et fidélisation).
_Vente de contrat d’assurance vie : Prédica (filiale d’assurance du Crédit Agricole)  avec une volonté de développer la multivente en couplant prévoyance et assurance
_Vente de téléphone portable et de forfait téléphonique : La Banque Postale, la Crédit Mutuel
_Vente de services de télésurveillance : Crédit Mutuel, CE par exemple
_Distributions de produits financiers : ventes d’OPCVM sur support AV, CTO ou PEA

Conclusion :
Avant 40 / 60 pour l'intermédiation, aujourd'hui, la tendance s'inverse. Cela révèle que les banques sont dans l’obligation de s’adapter à la conjoncture et de faire évoluer constamment leurs activités. L'innovation est de mise, la transformation est indispensable, l'enjeu principale pour les banques : comment respecter au mieux la réglementation tout en optimisant sans cesse sa rentabilité ? (L'adaptation engendre un coût non négligeable).

Florent C

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