49. Qui sont les nouveaux acteurs du financement dans l’économie et quel est leur poids ?

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49. Qui sont les nouveaux acteurs du financement dans l’économie et quel est leur poids ?

Message par Florent C le Jeu 10 Mar - 19:47

Introduction :
Le financement de l’économie désigne l’ensemble des modalités par lesquelles les agents économiques se procurent les ressources nécessaires à la réalisation de leurs activités. Les banques y tiennent un rôle de premier ordre notamment par leur fonction traditionnelle d’intermédiation. Cependant, elles doivent composer avec un cadre réglementaire important et qui tend à se renforcer à la suite de la crise de 2008. Ce phénomène les amène à accroître la prudence de leur gestion des risques et de leur octroi de financement. Ainsi, elles ne sont plus en mesure de répondre à tous les besoins de financement d’une économie de marché qui se complexifie. D’où l’émergence de nouveaux acteurs : le shadow banking ou finance de l’ombre et le crowdfunding ou financement par la foule. Après avoir présenté ses nouveaux acteurs, nous nous interrogeront sur leur poids dans le financement de l’économie.

I. Les nouveaux acteurs du financement de l’économie

A. Le shadow banking

_Il s’agit de tous les intermédiaires financiers qui sont en dehors du système bancaire traditionnel et qui participent au financement de l'économie mondiale. Autrement dit, ce sont toutes les opérations financières qui se font hors des bilans des banques.
_Il porte les mêmes risques que les banques : risque de liquidité, de transformation.
_De plus il génère un transfert de risque par une chaîne d’intermédiaire via des produits de titrisation.
_On y trouve notamment les fonds d’investissements (fonds mutuels, fonds de pension, sociétés d’assurances), les fonds spéculatifs (hedge funds) et les fonds de private equity ou capital-investissement (spécialisés dans l’achat et la revente d’actifs des sociétés non cotées en bourses)
_Tous ces acteurs ne sont pas soumis à la supervision prudentielle du Comité de Bâle et ils échappent au contrôle des autorités. Il se développe à partir des 80’s. C’est une réponse au durcissement de la réglementation bancaire notamment avec les nouvelles règles prudentielles de Bâle III.
_Ainsi, le shadow banking représente un risque systémique capable de menacer la stabilité du système financier international. Ex : la crise de 2008 où les créances bancaires américaines transférées au système bancaire parallèle pour être transformées en produits structurés puis revendues à des investisseurs aux EU et dans le monde entier d’où une propagation internationale.

B. Le crowdfunding

_La finance participative appartient au monde du shadow banking et elle s’est développée aux EU au début des 2000’s pour financer des projets artistiques avant de s’étendre à des projets entrepreneuriaux, solidaires ou écologiques.
_Internet a permis son développement en mettant en relation directement les porteurs de projet et les personnes souhaitant y investir. Il peut prendre plusieurs formes :
- Le don avec ou sans contrepartie via KissKissBankBank ou Ulule
- Le prêt rémunéré via Lendy, Prêt d’Union
- Le prêt solidaire (non rémunéré) via Hello Merci
- La prise de participation via WISEED
NB : Les motivations des investisseurs restent « classiques » : un bon niveau de rendement. CSQ : Les prêts rémunérés et les prises de participations représentent plus de 95% des fonds collectés en France au 1er semestre 2014.
_Ce système représente une opportunité réelle de trouver un financement pour les PME, TPE, artisans, entrepreneurs individuels en dehors d’un système bancaire parfois frileux à accorder un financement. Ainsi à Mulhouse, ouvre en mars 2016 « La Fabrique », un commerce basé sur le made in France et financé à hauteur de 15% via Ulule.
II. Le poids inégal de ces nouveaux acteurs

A. Le shadow banking : un poids colossale mais difficile à évaluer

_De par sa nature il est très difficile à évaluer et l’on trouve différents chiffrages de son poids réels dans le financement de l’économie.
_Selon le Financial Stability Board (le Conseil de stabilité financière, créé en 2010 par le G20 en réponse à la crise des subprimes) il atteignait 75 000 milliards de dollar fin 2013 représentant ainsi le ¼ des actifs financiers mondiaux, la moitié du poids du système bancaire traditionnel et le PIB mondial annuel. ¾ des actifs étant détenus par les EU, la zone euro et le RU mais sa progression est très forte en Chine, en Inde, en Indonésie et en Russie.
_Selon le FMI, il représente en 2014 15 000 à 25 000 milliards de dollars aux EU, 13 500 à 22 500 milliards pour la zone euro et 2500 à 6000 milliards aux RU. Les pays émergents ne représentant que 7000 milliards de dollars mais avec des actifs représentants 6% de leur PIB en 2002 contre 35% en 2012.
_Selon la BCE, son poids dans la zone euro était de 19 000 milliards à la fin 2013 et 23 000 milliards à la mi-2014.
_Ce qui fait consensus :
- Son développement est extrêmement rapide partout mais revêt un caractère exponentiel dans les pays émergents
- Son poids pourrait dépasser celui du secteur réglementé à l’horizon de 4 à 5 ans.

B. Le crowdfunding : un poids relatif mais en plein développement

_Le financement participatif transite par des plates-formes nous l’avons vu. De plus, il bénéficie d’une meilleure image auprès des autorités qui le perçoivent comme un atout pour le développement économique et qui mettent en place un cadre réglementaire. Par conséquent, il est plus facilement mesurable que le shadow banking.
_Selon le cabinet américain Massolution, 16,2 milliards de dollars ont été collectés à travers le monde en 2014. Une goutte d’eau dans le financement de l’économie mais cela représente +167% sur un an. Pour 2015, leurs prévisions estiment que le chiffre de 16 milliards sera doublé. En 2012, les sommes collectées n’atteignaient que 2,7 milliards de dollars. Cela montre à quel point son expansion est rapide.
_Tous les continents sont touchés :
- en 2014 les plates-formes américaines en ont collecté > moitié avec 9 milliards de dollars
- 3 milliards en Europe
- 3 milliards en Asie mais avec un développement fulgurant sous l’impulsion des prêts entre particuliers en Chine (+320%).
_ En France, une étude diligentée par l’association FPF (Financement Participatif France) a révélé que la collecte sur les plates-formes françaises de crowdfunding explose en 2015 avec 300 millions d’euros contre 152 millions l’année d’avant. Au-delà de l’attrait financier pour ce type d’investissement, le décret adopté par le gouvernement en 2014 a renforcé la crédibilité du financement participatif et favorisé son développement. Il a permis notamment d’accéder au prêt entre particuliers qui est un vecteur de développement du financement participatif (cf. la Chine).

Conclusion :
Ces deux nouveaux acteurs du financement de l’économie sont tous deux hors du système bancaire. Si leur utilité est reconnue, ils répondent aux besoins financement de l’économie lorsque le système bancaire fortement encadré ne peut pas apporter de solution, la perception de l’un et de l’autre est différente. Le shadow banking a tendance à être regardé avec suspicion et nourrit les inquiétudes envers un système perçu comme opaque et incontrôlable tandis que le crowdfunding s’apprécie davantage comme un système utilise et bénéfique à l’ensemble de la société. Dans les deux se pose la question de la nécessaire régulation de l’un pour limiter le risque systémique et de l’autre pour lui permettre de se développer.

Florent C

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Date d'inscription : 10/03/2016

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