34. Une entreprise rentable est-elle forcément solvable ? Justifiez votre réponse.

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34. Une entreprise rentable est-elle forcément solvable ? Justifiez votre réponse.

Message par Florent C le Jeu 10 Mar - 19:45

Interrogeons-nous sur les liens entre la rentabilité et la solvabilité d’une entreprise. Pour durer une entreprise a besoin d’être rentable. Afin d’apprécier cette notion de « rentabilité », on étudie les différentes étapes de la formation du résultat à partir du compte résultat (le film d’un exercice). Le but pour l’entreprise étant de dégager un résultat disponible pour l’entreprise et ses actionnaires. Mais, pour assurer sa pérennité, une entreprise doit aussi être en mesure de faire face à ses créanciers et de supporter d’éventuelles pertes. Autrement dit, elle doit être solvable. Cette notion de « solvabilité » s’apprécie à partir de l’étude du bilan (une photo de la structure financière). La banque observera l’une et l’autre avec beaucoup d’attention avant d’accorder un concours supplémentaire. Après avoir approfondi les notions de rentabilité et de solvabilité, nous verrons comment une entreprise rentable peut se retrouver insolvable.

I. Comprendre les notions de rentabilité et de solvabilité

A. Formation de la rentabilité (au compte de résultat)
_ L’EBE (Excédent Brut d’Exploitation) : 1er SIG pour aborder la rentabilité, il indique si l’entreprise est rentable dans son activité même. Il permet de :
- renouveler l’outil de production (amortissements)
- de couvrir les risques (provisionnements)
- de rémunérer le financement de l’entreprise (charges financières)
- de dégager un résultat disponible pour l’entreprise et ses actionnaires
_Pour obtenir le résultat net et connaître donc la rentabilité finale de l’entreprise on prend en compte tout le reste : le cycle d’exploitation, la pol de financement, les opérations exceptionnelles, la participation des salariés et l’IS (si assujettie)
_L’objectif lors d’un exercice est de dégager suffisamment de résultats pour rémunérer les actionnaires et renforcer ses fonds propres via le report du solde au passif.

B. Mesure de la solvabilité (au bilan)
Elle permet d’apprécier le degré d’indépendance financière de l’entreprise, sa capacité à fabriquer un résultat positif, sa capacité des actionnaires à renflouer les fonds propres.
R propres = capital, report et réserves + subventions d’investissements + provisions réglementées
_selon l’activité, part des ressources propres doit être plus ou moins importante : 20 à 30% pour l’industrie contre 15 à 20% pour les services par exemple.
_Ainsi la rentabilité d’une entreprise est un facteur déterminant pour en renforcer la solvabilité car elle lui permet d’intégrer tout ou partie de son résultat à ses fonds propres.

II. Une entreprise rentable n’est pas forcément solvable

A. L’impact de la politique de prélèvement des dirigeants
_Intégrer le résultat n’est pas une obligation pour les dirigeants d’une société. Ils peuvent tout à fait décider d’en distribuer l’intégralité sous forme de dividendes.
_Le développement de l’activité impactant le cycle d’exploitation (hausse du BFR) la solvabilité de l’entreprise se retrouve mécaniquement réduite.
_De même, en cas de retrait en capital, surtout si l’entreprise est endettée via un concours bancaire MLT, sa solvabilité est dégradée et sa capacité à ses financer par ses propres moyens se réduit (ratio capitaux propres/capitaux permanents > 50%)

B. L’impact de la stratégie de l’entreprise sur son cycle d’exploitation
_Le concept d’ETE (Excédent de trésorerie d’Exploitation) traduit les flux de trésorerie encaissés et décaissés par l’exploitation. En partant de l’EBE on peut dire que la rentabilité brute se transforme en trésorerie si le BFR ne se dégrade pas.
_ Dans le cas d’un ETE négatif :
- à court terme : crise de liquidité et nécessaire recours bancaires ou hausse des fonds propres
- à plus long terme : solvabilité impactée et des pertes via un « effet ciseau » (baisse rentabilité et hausse des autres frais notamment financiers)
- Si la situation dure c’est le dépôt de bilan
_Prenons le cas d’une société travaillant dans le sanitaire et le chauffage avec une clientèle de particuliers payant rapidement (acomptes puis solde une fois les travaux réalisés) depuis plusieurs années. Supposons qu’elle ait de faibles fonds propres mais un cycle d’exploitation court.
_Les dirigeants décident alors un changement de stratégies commerciales en répondant à des appels d’offres de collectivités locales afin d’obtenir de gros chantiers rémunérateurs.
_Problème : le cycle d’exploitation s’allonge considérablement car les délais de paiement sont beaucoup plus longs et la taille des chantiers nécessitent des achats de matériels et une mobilisation importante de son personnel.
_CSQ : une crise de liquidité et un recours bancaires. Si les associés ne peuvent renforcer les fonds propres la société se retrouve très rapidement en difficulté. Sa stratégie commerciale n’est donc pas adaptée à sa structure financière.

Conclusion :
La rentabilité d’une activité permet de renforcer la solvabilité de l’entreprise mais une entreprise rentable n’est pas forcément solvable. La stratégie adaptée par les dirigeants est alors déterminante et de mauvais choix peuvent avoir des effets dévastateurs. La solvabilité d’une entreprise est l’élément déterminant de sa survie puis qu’une entreprise meurt plus facilement d’une crise de liquidité que d’une crise de rentabilité.

Florent C

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Date d'inscription : 10/03/2016

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